Le miel a de nombreuses vertus qu'on commence tout juste à découvrir

Même si les insectes sont encore regardés de loin par beaucoup d’occidentaux, force est de constater qu’ils font parler d’eux. En effet, l’entomophagie est en constante augmentation depuis quelques années : les insectes deviennent les stars de recettes élaborées par des chefs, cuisiniers amateurs… On parle des bénéfices pour l’environnement de l’élevage d’insectes, de l’aventure gustative de manger un insecte, de l’apport en protéines des insectes comestibles ; pourtant il y a un aspect dont on parle encore peu trop peu : l’intérêt thérapeutique de manger des insectes comestibles. Ces bénéfices thérapeutiques et médicaux sont particulièrement reconnus en Asie où les insectes sont mangés et utilisés depuis des millénaires.

Les insectes : un moyen de se soigner fort utilisé en médecine naturelle

 

A l’heure actuelle, de nombreuses personnes sont à la recherche d’autres manières de prendre soin de leur santé. Que ce soit pour prévenir, soigner ou guérir de nombreux maux, de plus en plus de gens regardent au-delà de la médecine traditionnelle et recherchent des façons plus naturelles. La tendance est au retour des herbes et plantes, pourtant les insectes sont eux aussi utilisés en médecine traditionnelle ! Cela fait des millénaires que les hommes ont compris l’intérêt des insectes, mais c’est la médecine chinoise qui en a le plus profité.

L’ethnopharmacologie  est l’étude scientifique de matières végétales, minérales ou animales utilisées par des cultures traditionnelles dans le but des les utiliser à des fins thérapeutiques. Au cours de ces études, il a été démontré que les substances issues d’insectes ont des vertus encore inexploitées notamment en ce qui concerne des molécules issues du système immunitaire des insectes : les peptides. Ces peptides seraient redoutablement efficaces contre les agents responsables des maladies nosocomiales (qui causent plus 10 000 morts chaque année en France « ethnopharma »). Ces traitements seraient même potentiellement susceptibles d’apporter une solution contre les cancers, ou d’autres maladies d’origine virales.

Alors qu’il existerait entre 3 et 30 millions d’espèces d’insectes de par le monde, seulement 900 000 espèces auraient été répertoriées à l’heure actuelle (ethnopharma). Et alors, que l’industrie pharmaceutique se demande encore par quelles espèces d’insectes commencer les recherches – les recherches sont très coûteuses au demeurant- il est intéressant de constater que certaines civilisations utilisent déjà l’insecte à des fins thérapeutiques depuis des millénaires. En effet, les médecines asiatiques, océaniennes, africaines, amérindiennes et même occidentales n’hésitent pas à les utiliser comme outil de médecine naturelle.

Mille-pattes utilisés en médecine traditionnelle coréenne pour soigner l'arthrite Cliché R. Pemberton, Fort Lauderdale, États-Unis

Mille-pattes utilisés en médecine traditionnelle coréenne pour soigner l’arthrite
Cliché R. Pemberton, Fort Lauderdale, États-Unis

Pourquoi les chercheurs s’intéressent-ils de nouveau aux insectes dans un but thérapeutique ?

 

Depuis environ 20 ans, de plus en plus d’études sur l’automédicamentation chez les animaux ont été effectuées, chez les singes principalement et chez les insectes. Ces comportements seraient-ils susceptibles d’aiguiller l’être humain vers une autre manière de se soigner ? C’est en tout cas ce dont est convaincu Thierry Lefèvre, chercheur à Montpellier, pour qui l’automédicamention chez les insectes représente une formidable découverte. Ainsi, on a découvert que les mouches drosophiles se débarrassent d’un parasite grâce à l’alcool. Les chenilles infectées par les larves d’une guêpe particulière consomment une plante très riche en alcanoïdes. Les insectes sont également capables de prévention : en effet, les fourmis et les abeilles mettent au sein de leurs nids des bouts de résine de conifères, aux vertus antibactériennes et antifongiques. D’autres insectes sont même capables de protéger leur progéniture : en effet, le papillon monarque, qui infecté par un parasite dont il est incapable de se débarrasser va pondre sur des plantes, qui sont mortelles pour ce même parasite.
Si les scientifiques s’intéressent de nouveau aux insectes et à la façon dont ils se soignent, c’est dans le but de trouver une solution à un problème de taille : contrer l’inefficacité de certains médicaments dans la lutte contre certaines bactéries, devenues résistantes aux antibiotiques. Un exemple ? Le miel. On commence à peine à comprendre l’étendue de ses effets, alors même qu’Hippocrate les évoquaient déjà à l’époque. En effet, le miel est un puissant cicatrisant, antiseptique, et antibactérien par la même occasion.

Alors que “80% de la population mondiale se soigne par une médecine naturelle” (Pour la science), il est intéressant de noter que 60% des médicaments consommés par les occidentaux trouvent leur origine dans des molécules issues de plantes ou d’organismes infiniment petits. La nature recèle un potentiel thérapeutique immense et les insectes représentant “plus de la moitié de la biodiversité des êtres vivants” (pour la science), il est donc naturel de se tourner vers eux pour chercher des réponses naturelles afin de prendre soin de notre santé. Ils seraient d’ailleurs utilisés depuis au moins 5000 ans à ces fins. Les pharaons leur portaient même une véritable vénération, utilisant insectes, scorpions et araignées à des fins thérapeutiques. Les pattes de certaines grandes fourmis étaient même utilisées par les Égyptiens pour permettre de suturer certaines plaies béantes. Même si cela n’est pas de notoriété publique, deux molécules sont déjà utilisées actuellement d’un point de vue commercial, comme une molécule extraite d’un papillon de Guyane « ETD 151 (Femme actuelle) » utilisée pour lutter contre les infections fongiques, et l’ETD1263 capable de lutter contre le staphylocoque doré.

Quelles sont les vertus supposées aux insectes ?

 

Nous l’avons vu le monde des insectes est un vaste monde, qui pourrait nous apporter des débuts de réponse thérapeutiquement parlant. Le gros avantage des médicaments conçus à base d’insectes, comparés aux médicaments traditionnels comme les antibiotiques par-exemple, est qu’ils sont capables de tuer les bactéries sans qu’elles soient capables de développer une quelconque résistance (comme pour les maladies nosocomiales).

Le Ophiocordyceps sinensis appelé champignon chenille traiterait les problèmes respiratoires, les soucis rénaux et enfin il est réputé aphrodisiaque

Le Ophiocordyceps sinensis appelé champignon chenille traiterait les problèmes respiratoires, les soucis rénaux et enfin il est réputé aphrodisiaque

Les larves et les nymphes : intérêt en médecine naturelle

Elles seraient très intéressantes d’un point de vue immunitaire, et très efficaces pour lutter contre les microbes. Certaines sous-familles d’insectes auraient même la capacité de secréter certaines molécules, capables de tuer les bactéries les plus agressives et résistantes. Cette aptitude serait de plus adaptative, puisque ces insectes sont même capables de développer une certaines immunité face aux pesticides par-exemple.

Les cafards : champions dans la lutte contre les maladies nosocomiales

Aussi repoussants que nous puissions les trouver, les cafards seraient maîtres dans la lutte contre les maladies nosocomiales. Si on y pense, cela semble assez logique compte tenu des milieux dans lesquels ils évoluent ainsi que leur extraordinaire résistance face aux pesticides, et insecticides. Certaines études (portant sur des molécules issues de leur cerveau) viennent même de démontrer qu’ils seraient capables de détruire 90% des staphylocoques dorés résistants aux antibiotiques « santé verte ». Le cafard serait également capable de lutter contre les otites, les hématomes…

La cigale pour tonifier le système nerveux

La cigale est utilisée, dans sa forme chinoise comme un tonique du système nerveux. De plus, des molécules anti-cancéreuses auraient été mises en évidence dans cette espèce.
Les cigales sont aussi consommées pour lutter contre les spasmes et les convulsions, tout comme le tétanos ou la rougeole.

Le nid de guêpe contre l’inflammation

Le nid de guêpe sert comme anti-inflammatoire et également comme antibiotique. En outre, grâce à son association avec certaines plantes, il posséderait également la capacité de lutter contre le cancer.

Les mouches espagnoles

Les mouches espagnoles permettaient de lutter contre les maux de poitrine.

Les scarabées

Certains scarabées sont employés pour lutter contre les rhumatismes, les problèmes aux reins, la goutte, les rhumatismes…

Les vers et asticots

Les vers et asticots sont utilisés pour nettoyer les plaies, et  stopper la gangrène.

Les grillons

Le jus de grillons serait un précieux allié pour la vue.

Les fourmis

Les fourmis posséderaient des vertus toniques, quant les limaces et escargots sont consommés crus afin de lutter contre la tuberculose.

Scorpions et araignées

Le venin de certains scorpions et araignées est ainsi une source de molécules particulièrement intéressantes, présentant même des propriétés anti-cancéreuses.
Le scorpion est en effet déjà utilisé depuis plus de 2000 ans dans la médecine chinoise afin de lutter contre les maladies du système nerveux, les convulsions des enfants, les tumeurs malignes, les rhumatismes, le tétanos, la tuberculose, les hépatites B et C… Il existe en effet plus d’une centaine de formules utilisant les plantes et le scorpion dan la pharmacopée chinoise.

Vous l’aurez compris les insectes nous sont utiles à plus d’un égard. Non seulement, ils représentent une source de protéines saines et bonnes pour la santé à moindre impact sur notre environnement mais ils ont également la capacité de nous aider dans la lutte contre de nombreuses infections. Dans un autre registre, les insectes nous aident également à nous maintenir en bonne santé, mais d’une façon différente. En effet, une société danoise a réussi à produire des acariens capables de remplacer les pesticides. Par-conséquent, de nombreux agriculteurs espagnols sont en train de se convertir au Bio. Alors, ne devrions-nous pas cesser de mépriser les insectes, et commencer à vraiment les regarder comme un aliment/alicament à part entière que nous avons oublié ? Nous verrions peut-être dans les insectes de précieux alliés pour nous aider à rester en pleine santé naturellement.

Les commentaires ne sont plus autorisés sur cet article.